Fashion Beijing
Lorsque l’on voyage à l’autre bout du monde on remarque une multitudes de choses qui nous paraissent singulières. Mais comment rendre compte de choses aussi diverses les unes que les autres, allant des différents métiers de la rue (comme l’agent immobilier ambulant ou le vendeur de déchets recyclables), en passant par le paysage urbain ( building flambant neuf copie du célèbre Selfridges Building de Birmingham) ? Comment parler également des anciens villages périphériques dont on expulse les habitants afin de raser le quartier et offrir un nouvel espace à l’expansion de la ville ?
Chaque sujet pourrait constituer un travail photographique. Mais travailler sur ces sujets (complexes dont je ne connaissais pas grand chose) déjà maintes fois et mieux traités ne m’intéressait pas, et eut nécessité un temps que je n’avais pas. De plus je ne voulais pas refaire des photos déjà maintes fois montrées. Susan Sontag disait dans « Sur la photographie » qu’à force d’avoir vu trop d’images de guerre, de famine, trop d’images violentes, l’oeil devenait insensible, voir aveugle à ces choses. Je pense qu’en l’occurrence c’eut été la même chose. Faire un travail documentaire sur les conditions sociales et mutation du paysage urbain n’était donc pas une solution pour moi. Mais je souhaitais tout de même aborder ces thèmes.
Ma problématique a donc été de rassembler ces différents sujets et leur donner une unité. Pour ce-faire j’ai créer une histoire où les personnages parcourent les différents lieux. Or l’histoire n’étant qu’un prétexte et ne devant pas devenir l’intérêt principale de cette série j’ai pensé aux films qui font « beaucoup de bruit sans jamais parler de rien » ; les films d’actions, de kung-fu, de gendarme et du voleur, du méchant et gentil. De plus, j’ai choisi de parodier ce genre en jouant une fausse série de mode : l’image esthétique mais vide de sens, c’est à dire monde virtuel sans problème créer par l’imagerie télévisuelle et publicitaire qui envahit la ville. Je donc confronté cette imagerie avec les différents problèmes sociaux abordés dans la série.
Un en sens, je rends également hommage à la série « drôles de dame » du photographe de mode et publicité Nicolas Bets que j’ai le plaisir d’assister. Ces « drôles de dames » sont traquées par des mystérieux hommes car elles distribuent un objet symbolique : une feuille dont le spectateur ne pourra lire le contenu, une feuille enroulée d’un ruban qui ressemble à un diplôme.
Mes héroïnes courent presque tout le long de la série et en créent le liant. La forme esthétique et décalée permet d’amener de manière légère à voir des sujets plus sérieux sans passer par « l’ennuyeuse » forme documentaire. Le sujet n’est donc pas directement donné mais laissé à voir pour ce qu’il est : simple témoignage du regard d’un lointain voyageur.




















