Cambodge

Le Cambodge fait parti des pays les plus pauvres du monde. Néanmoins, le pays connait un climat ensoleillé et pluvieux qui permet une très forte production de riz. Ce n’est donc pas une misère violente où la population subit la faim comme c’est notamment le cas en Afrique de l’Ouest. Il y règne au contraire une joie de vivre que je n’ai trouvé nul par ailleurs. Peut-être est-ce lié au jeune âge de la population qui tente de dépasser le génocide orchestré par Pol Pot.

Quoi qu’il en soit, le pays se dynamise rapidement, les grosses villes poussent avec leur jungle de buildings et attirent nombre de jeunes des campagnes. C’est dans l’une des ces campagnes, autour de la ville de Takéo, que j’ai eu la chance d’aller dans le cadre d’une mission de l’A.F.D. (Agence Française pour le Développement).

Cette série propose des portraits d’habitants de villages. Je ne souhaitais pas montrer la misère, ni tomber dans la photographie documentaire détachée. J’ai au contraire tenté de retranscrire l’extraordinaire beauté plastique des scènes dont j’ai été le témoin. Je me promenais dans ces villages et photographiais les personnes au fil de mes rencontres.

L’utilisation du flash cherche à créer une ambiguïté, un décalage avec la photographie documentaire présentant la misère de façon plus ordinaire. Le décors devient plastique, comme ces papiers peints de paysages paradisiaques d’agences de voyages. Les personnes ne sont plus le sujet du photographe/touriste/anthropologue, mais sont valorisées par l’esthétique dominante du moment : celle du flash qui permet aujourd’hui à tout le monde de devenir une star. Cette esthétique oscillant entre document et publicité tente de donner à voir sous une forme nouvelle, (trop) attrayante, aseptisée, presque amorale (de l’imagerie marchande), cette réalité qu’on ne voit plus qu’à travers les filtres des ONG et des médias.

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